Développement des compétencesLangues

Maitrise de l’anglais. Comment se positionnent les entreprises françaises ?

La France n'est pas à l'honneur

Les enquêtes montrent que la France ne se positionne pas parmi les pays les plus habiles dans la pratique de l’anglais.

Chaque année EF produit une étude sur les compétences en anglais au niveau mondial. Son indice de compétence permet de classer les pays par niveau de maitrise de l’anglais.

Classement / 80

Dans ce classement établi en 2017, la France se positionne au 32ème rang sur 80 pays ( elle perd 2 places / 2016)

Sans entrer dans le détail de l’étude, le classement suffit à lui-même pour convenir que la France a encore beaucoup de progrès à faire pour se hisser en qualité de pays expert dans les échanges  internationaux. Faut-il rappeler que l’anglais est la langue la plus utilisée dans le monde pour pratiquer le commerce international ou pour échanger socialement entre différentes cultures ?

Si le déficit de la balance extérieure de la France n’est pas lié à un déficit de connaissance de la langue anglaise, l’absence de maitrise de cette langue apparait tout de même comme un frein au développement des relations avec les pays étrangers. 

Pourquoi posséder une maitrise de la langue anglaise est indispensable aux entreprises ?

Pendant longtemps, maitriser une langue étrangère était accessoire. L’étudiant qui entrait sur le marché du travail était valorisé par un ensemble de connaissances au nombre desquelles l’anglais apparaissait comme secondaire.

Aujourd’hui, l’anglais est un atout pour l’avenir. Les jeunes diplômés, les personnes à la recherche d’un emploi sont conscients que la maitrise d’une langue étrangère augmente leur employabilité.

La maitrise de la langue anglaise est indispensable pour des raisons de performances économiques :

L’anglais est essentiel :

  • afin de conquérir de nouveaux marchés au niveau international.
  • afin d'être reconnu sur la scène mondiale par ses clients et partenaires. Malgré le rayonnement de la langue française auprès des pays dont c'est la langue officielle (soit près de 30 pays), dans les entreprises, elle s’efface de plus en plus devant la langue anglaise.
  • afin d'assurer sa place dans la course à l’innovation, la recherche et le développement. On constate que l’anglais est la langue systématiquement utilisée pour toute collaboration internationale sur la recherche.

La maitrise de la  langue anglaise est indispensable pour des raisons d’efficacité opérationnelles.

  • pour maitriser l'information. Les documentations traitant de sujets experts ou spécialisés liés à son secteur d’activité, à son métier sont souvent rédigés en anglais.
  • pour participer avec efficacité aux réunions, présentations, formations, négociations qui se déroulent en anglais.
  • pour éviter tout malentendu et être crédible dans sa communication avec ses interlocuteurs étrangers. Les messages que l’on souhaite faire passer sont vite détournés de leur contexte ou incompris lorsqu’il y a des désaccords linguistiques.
  • pour améliorer ses performances logistiques. Les compétences linguistiques détenues favorisent le traitement des documents d’exportation/importation et limitent les délais d’exportation/importation des produits concernés.

La maitrise de la langue anglaise est indispensable pour des raisons sociales.

Pour un salarié maitriser l’anglais :

  • lui permet de saisir des opportunités d'évolution professionnelles.
  • participe à son bien être.
  • élargit son horizon culturel.

Selon une étude de Cadremploi, 89 % des cadres ont été amenés à utiliser l’anglais. Les cadres sont de plus en plus confrontés à l’anglais à l’occasion de leur activité.

40 % des cadres pensent être capables de parler anglais couramment mais seulement 32 % se disent disposer d’un niveau opérationnel.

Comment améliorer le niveau de maitrise de l'anglais dans les entreprises ?

La réponse se trouve d’abord dans le système éducatif et ensuite dans la formation professionnelle.

=> Un système éducatif français en retard par rapport à ses principaux partenaires européens

Le président de la République, Emmanuel MACRON,  a affiché sa volonté de voir les étudiants parler couramment 2 langues étrangères d’ici 2024.

Pour revenir au classement mondial des compétences  en anglais dans les pays non anglophones, signalons que les pays européens nordiques sont en tête de liste : 01- Pays-bas avec un indice de compétence de  71,45 / 02- Suède indice =70,40 / 03-Norvège= 69,93. Ces indices affichent des compétences élevées en anglais.

Ces résultats sont à mettre à l’actif d’un système éducatif qui encourage fortement l’apprentissage de l’anglais :

  • Par l’enseignement de diverses matières en anglais,
  • Par l’apprentissage oral de l’anglais plutôt que la grammaire,
  • Par l’utilisation de médias uniquement en anglais.

Ces pays européens sont aussi ouverts au multiculturalisme, à la mobilité européenne, au tourisme et à la mobilité européenne. 

L’ouverture à l’anglais c’est donc aussi une ouverture d’esprit. Il convient pour réformer le système éducatif de réformer la conscience collective.

L’indice de la France, 54.39, témoigne de compétences modérées en anglais  (32ieme rang mondial). Même si l’indice est légèrement supérieur à la moyenne mondiale, on ne peut pas se contenter de rester à cette position et il convient de réduire le fossé qui nous sépare de nos partenaires européens nordiques.

Cela passe par une réforme du système éducatif mais cela passe aussi par une réforme de la formation professionnelle continue.

=> les entreprises n'accordent pas une place prépondérante à l' anglais dans leur plan de formation

La formation professionnelle est réglementée. Les entreprises répondent à ses obligations légales et sociales en organisant des formations pour ses salariés.

Un constat s’impose. Même si les entreprises ont conscience qu’il est important de posséder une maitrise de l’anglais, l’enseignement de la langue n’est pas considéré réellement comme un enjeu stratégique.

En matière de formation professionnelle, la priorité est souvent accordée au développement d’autres compétences.

Pourquoi l’anglais est-il  souvent relégué au second plan dans la formation professionnelle ?

Le financement est un élément décisif dans le choix des formations. L’enveloppe budgétaire des entreprises n’est pas extensible. Elle hiérarchise ainsi les compétences qu’elle veut voir développer ou qu’elle doit impérativement développer.  Dans l’ensemble, des formations « métiers »  sont souvent préférées aux formations linguistiques. Une formation sera d’ailleurs plus facile à financer si la branche professionnelle de laquelle dépend l’entreprise lui accorde sa préférence.

L’état n’a jamais pris d’initiatives réellement efficaces pour favoriser le développement des formations linguistiques auprès des entreprises. Dans l’esprit, le CPF  (Compte Personnel de Formation)  est un moyen idéal  pour financer une formation en anglais. L’inconvénient porte sur le montant du financement parfois dérisoire et surtout inadapté à la réalisation de formations personnalisées en anglais.  Le CPF gagnerait aussi en intérêt si les modalités de mise en œuvre étaient assouplies.

Les entreprises attendent beaucoup de la nouvelle réforme de la formation professionnelle…

A propos de Jérôme DUVAL

Responsable "Efficacité & Développement professionnel" chez LIC Formation. Son approche des relations professionnelles et interpersonnelles est fondée sur l'accompagnement (Evaluation et valorisation de compétences - Animation d'espaces d'échange - Communication managériale - Management d'équipe - VAE - Bilan de compétences)

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